C’était l’automne, un vendredi soir pluvieux, et c’était aussi le premier camp d’Ourson. Moi et Renard attendions les patrouillards avant de partir. Il faut dire que nous avions une marche de 8 km à faire avant d’atteindre le site du campement. Je déchargeais une voiture contenant tout notre matériel de patrouille : tente, glacière, épicerie, cordes, bâches… J’en profitais pour ajouter ce que je pouvais à mon paquetage, car c’est plus simple de marcher avec un sac bien rempli qu’avec du matériel plein les bras. C’est d’autant plus vrai qu’il serait impossible de paqueter la tente, la glacière et la majorité de l’épicerie…

Les patrouillards arrivent enfin. Que vois-je? Ourson débarque de la voiture sans sac à dos, mais bien avec trois sac à poubelles biens pleins…

Raton : « Zut de flute! »

Je sais bien qu’il ne sera pas en mesure d’emporter plus d’un sac et que nous devrons porter à sa place ses deux autres sacs… T’en pis… Je lui laisse le plus lourd, j’en attache un à mon paquetage et l’autre au paquetage de Loup. Chargés comme des mules, nous partons par le sentier.

Il commence déjà à faire noir et la pluie tombe d’autant plus fort. La route est pénible, 4 km de fait, mais ça nous semblait en être 15… Le moral n’était pas très haut non plus, nous n’étions qu’à mi-parcours et nos forces commençaient à baisser. Tout à coup, le sac qu’Ourson porte se fend en deux. SPLASH! Tout son contenu se retrouve dans une flaque l’eau. Tout son linge est mouillé et minces sont les chances de pouvoir sécher cela d’ici lundi… On aide Ourson à ramasser son matériel, on le remet tant bien que mal dans le sac brisé et on ficèle le tout avec une corde que j’ai dans mon paquetage. C’est bon, on peut y aller!

Enfin, nous sommes arrivés au campement! Voici notre plan…

1- On installe une bâche pour nous couvrir de la pluie.
2- On prépare un petit feu pour nous réchauffer.
3- On fait du chocolat chaud et on mange une collation.
4- On trouve un endroit où le sol est capable de s’égoutter.
5- On y installe la tente.
6- On double la tente avec une bâche.
7- On installe notre dernière bâche par terre pour couper l’humidité du sol.
8- On s’installe pour dormir…

Le plan semble bon. On ne se couchera pas tôt, mais on va y arriver. Les installations vont bon train. Ourson est fatigué et son aide n’est pas très efficace. Je lui permets d’aller s’abriter sous la bâche.

Durant ce temps, le déluge continuait. Une poche d’eau se formait sur la bâche où se trouvait Ourson et cela l’inquiétait. Il vient me chercher pour m’en informer. Je vais avec lui et je lui montre comment vider l’eau en attendant que nous puissions réinstaller la bâche adéquatement.

Quelques minutes plus tard, la bâche est encore pleine d’eau. Ourson, comme un grand garçon, décide de vider l’eau… Au lieu d’utiliser la technique que je lui ai montrée, il a l’ingénieuse idée d’utiliser une branche comme outil et de pousser sous la poche d’eau. Ce qui devait arriver arriva!

SPLASH! La branche passe au travers de la bâche. La bâche déchire en deux. Toute l’eau qui était sur la bâche se trouvait maintenant sur Ourson!

Loup : « Ah ah! Ourson! Ce n’est pas l’heure de la douche! »
Otarie : « J’espère que l’eau est bonne! »

Arrive enfin l’heure du coucher. Nous nous installons. Toutes les choses d’Ourson sont trempes, même celles qu’il nous avait confiées puisque ses sacs troués n’étaient pas du tout étanches. Faisons l’inventaire…

– 5 Pantalons mouillés;
– 8 T-shirts mouillés;
– 3 Cotons ouatés mouillés;
– 10 Petites culottes mouillées;
– 10 Paires de bas mouillées,
– Un manteau de printemps mouillé;
– Un manteau d’hiver mouillé;
– Un canif émoussé;
– Un poêlon rouillé;
– Un sac de gruau mouillé;
– Un sac de cassonade mouillé;
– Des bonbons collés;
– Une lampe de poche avec des piles périmées;
– Des allumettes mouillées;
– Un sac de couchage mouillé;
– Plein d’autres choses inutiles que j’ai oubliées, mais toutes mouillées;
– Et pour finir trois oursons en peluche mouillés.

C’est clair, je vais devoir enseigner à Ourson ce qu’il doit mettre dans son paquetage et comment paqueter tout cela! Mais ça ira une autre fois. La priorité de ce soir c’est que tout le monde puisse dormir au sec.

Je sors mon pyjama de mon paquetage et je le donne à Ourson. Je sors mon tapis de sol et mon sac de couchage, j’y installe confortablement Ourson. Il flotte dans mon pyjama, mais au moins il sera bien. Je mettrai mon coton ouaté et j’utiliserai ma couverture de survie en fin de semaine… Depuis le temps que je rêvais de l’utiliser… (Sarcasme)

Cinq heures du matin, il tombe toujours des cordes. Je ne suis pas très à l’aise, je ne dors pas bien avec ma couverture de survie, mais au moins je dors et Ourson aussi… Ourson aussi? Bien non! J’ai appris qu’Ourson bougeait beaucoup dans son sommeil. Semble-t-il que Loup s’est fait réveiller à plusieurs reprises par les « baffes » qu’il recevait d’Ourson. Mais pire que cela. Ourson n’était plus dans la tente. Je sors à toute vitesse et je me dirige vers la tente de la maitrise. Koala est dehors, au coin du feu.

Raton : « Koala! Ourson n’est plus dans la tente! »
Koala : « Je sais, ne t’en fais pas. Il a roulé hors de la tente et son sac de couchage est tout mouillé. Il dort dans mon lit de camp pendant que je fais sécher son sac… »

Je regarde le sac que Koala fait sécher, c’est bel et bien mon sac et il est tout taché de boue.

Note à moi-même : ne plus laisser Ourson dormir près du bord de la tente. Mieux vaut se manger des baffes que de le retrouver dehors!

Leave a Comment