Légende du feu

 

Les scouts ont mis la flamme

Aux bois résineux,

Écoutez chanter l’âme

Qui palpite en eux.

 

REFRAIN :

Monte flamme légère,

Feu de camp si chaud, si bon,

Dans la plaine ou la clairière,

Monte encore et monte donc,

Monte encore et monte donc,

Feu de camp si chaud, si bon.

 

J’étais jadis un prince

Perfide et méchant,

Dépeuplant sa province

Des petits enfants.

 

Me tendit ses embûches,

L’enchanteur Merlin,

M’enferma dans les bûches

Du grand bois voisin.

 

Depuis lors je dévore

Tout autour de moi,

De me voir près d’éclore

On tremble d’effroi.

 

Mais des arbres qui flambent

Je suis prisonnier,

Et mes bras, et mes jambes

Brûlent tout entiers.

 

Ce terrible supplice

M’a bien converti

Et pour votre service

Me suis fait tout petit.

 

Je m’installe à vos chambres,

À votre foyer

Pour réchauffer vos membres

Et vous égayer.

 

C’est moi qui vous éclaire

Dans les longues nuits,

Qui vous rend plus légère

La peur ou l’ennui.

 

J’entre dans la cuisine

Et fait chanter l’eau,

Et je sors de l’usine

Par le haut fourneau.

 

Je permet que m’allume

Le pauvre ouvrier,

Forgeron sur l’enclume

ou pâle verrier.

 

Les gerbes d’étincelles,

Que je sème au vent,

Emporte sur leurs ailes

Vos rêves d’enfants.

 

Si bien que sur la terre

Les plus malheureux

Sont les traîne-misères

Qui n’ont point de feu.

 

Ma suprême espérance

Est qu’un jour viendra

Où Dieu, plein d’indulgence,

Me délivrera.

 

Lors, j’irai d’une haleine

Au divin séjour,

Retrouver forme humaine

Et brûler d’amour.

 

Mais je sens que j’expire;

Écoutez la voix,

Qui faiblit et soupire,

D’un vieux feu de bois.

 

Ma leçon, la dernière.

Vous dit : «Mes enfants,

On ne fait rien sur terre,

Qu’en se consumant.»

 

* Chanson scout idéale autour du feu de camp. Malheureusement, elle est si longue qu’il est difficile de l’apprendre par coeur.